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samedi, novembre 27, 2021

Coup d’état au Soudan : les origines d’une crise politique

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Le pays fait face à de nouvelles manifestations ce mercredi. Pourquoi le Soudan est-il revenu dans l’actualité ces derniers jours ?

Des manifestants sont encore dans les rues aujourd’hui au Soudan pour protester contre un coup d’Etat militaire et l’arrestation de hauts dirigeants civils, notamment le Premier ministre Abdallah Hamdok, brièvement retenu puis ramené chez lui hier soir #AFP pic.twitter.com/60jylUY2fp

— Agence France-Presse (@afpfr) October 27, 2021

Le 25 octobre 2021, le Soudan a fait face à un nouveau coup d’Etat. En effet, l’armée soudanaise a renversé le gouvernement et a arrêté 5 de ses représentants. On revient pour vous sur la situation dans ce pays.

Une transition démocratique amorcée en 2019

Le 11 avril 2019 est un jour historique pour ce pays d’Afrique de l’Est. Ce jour là, l’armée soudanaise a destitué le président Omar el-Bechir, au pouvoir depuis 1993. Ce coup d’état est intervenu dans un contexte de révolution sociale et de grave crise économique au Soudan. En effet, de gigantesques manifestations débutées en décembre 2018 ont duré près de 8 mois et ont totalement bouleversé le pays. A l’origine, les soudanais sortaient dans la rue pour protester contre l’augmentation des prix.

Après 30 ans de dictature, le pays est entré dans une période d’état d’urgence puis est finalement parvenu à un accord inédit à l’origine d’une véritable transition démocratique. Plus précisément, un accord exceptionnel entre les généraux de l’armée et des factions politiques du mouvement populaire a permis de tenter un retour à une vie politique plus démocratique, dans un pays enduré par la violence d’un pouvoir très répressif. Cette transition démocratique devait se mettre en place grâce à un travail de coopération entre les militaires du pays et des autorités civiles, un partage du pouvoir.

L’objectif de cette transition démocratique était d’aboutir à des élections, mais la possibilité d’y arriver sans conflits était particulièrement faible. Dans de nombreux pays d’Afrique, les tentatives pour mettre en place une démocratie sont très fragiles et nécessitent un travail de longue haleine. Un travail qui peut être réduit à néant en si peu de temps, ce qui peut s’avérer très frustrant pour la population.

Un nouveau coup d’Etat qui bouleverse le pays

Justement, le 25 octobre, l’armée soudanaise a littéralement bouleversé le processus démocratique mis en place au Soudan. Dans un contexte de tensions entre les forces armés et les autorités civiles de transition, l’armée a arrêté ce lundi plusieurs membres du gouvernement, notamment le premier ministre Abdallah Hamdok. Par la suite, le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan a déclaré l’état d’urgence et annoncé la dissolution du gouvernement de transition démocratique.

🇸🇩 Abdel Fattah al-Burhan, désormais seul homme fort

Ce général de 61 ans est à l’origine du coup d’Etat ayant mis fin lundi à la fragile transition démocratique au Soudan ⬇️ https://t.co/T3zESt76Zc

— Libération (@libe) October 27, 2021

Après cette nouvelle conflagration, de nombreux manifestants sont sortis dans la rue et l’armée n’a pas hésité à tirer à balles réelles. Selon un syndicat de médecins prodémocratie, l’armée aurait tué 4 manifestants ce lundi et blessé 80 personnes. De son côté, le premier ministre a finalement été ramené chez lui après avoir été détenu par l’armée. ” Des mesures de sécurité ont été prises dans le périmètre de son domicile ” a déclaré un responsable militaire.

En fait, le général Abdel Fattah Al-Burhan dirigeait déjà le pays avant le coup d’Etat, comme le pouvoir était partagé entre l’armée et les dirigeants civils. Néanmoins, ce dernier devait normalement laisser le pouvoir aux civils à partir du 17 novembre. Une situation qui ne satisfaisait évidemment pas les intérêts de l’armée, car celle-ci aurait perdu ses chances d’accéder au pouvoir.

Une nouvelle crise politique qui balaie encore une fois les espoirs démocratiques, dans un pays qui n’a pas fini de souffrir.

A lire aussi : Bolsonaro : pourquoi est-il accusé de ” crime contre l’humanité “?

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