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samedi, novembre 27, 2021

ses photos de primates menacés vont être exposées pour la première fois

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Philippe Ricordel va exposer pour la première fois au festival international de photographie animalière et de nature du 18 au 21 novembre à Montier-en-Der (Haute-Marne). Le photographe présentera son travail autour de deux espèces de primates en danger.

Montrer pour sensibiliser. Phillipe Ricordel fait partie des photographes sélectionnés pour exposer lors du 24e festival international de photographie animalière et de nature de Montier-en-Der (Haute-Marne).

Le photographe français va exposer son travail sur deux espèces de primates : le rhinopithèque de Biet et le rhinopithèque de Roxellane, reconnaissable à son visage presque bleu. Il s’agit de deux espèces endémiques de la Chine, menacées de disparition et placées sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Ses clichés ont été pris lors de plusieurs expéditions en 2018. Une période où sa passion pour la photographie est devenue son métier à temps plein.

Un groupe de rhinopithèques de Roxellane.

© Philippe Ricordel

Ces singes sont difficiles à approcher. Les rhinopithèques de Biet vivent en haute-altitude, autour de 3 000 mètres. Les rhinopithèques de Roxellane se trouvent plus bas, autour de 1 600 mètres. “Ils sont dans un milieu montagneux de forêt. Si vous essayez de faire des photos de singes sauvages, vous n’y arriverez pas à moins de monter une expédition lourde”, raconte le photographe.

Pour capturer les images des primates, il s’est donc rendu dans des honeypot, des endroits “pot de miel”, où il est plus facile de les rencontrer car ils y sont notamment nourris.

Les primates intéressent tout particulièrement Philippe Ricordel, adhérent de la Société française de primatologie et de l’International Primate Society (IPS). Il a choisi de mettre en avant par son travail des espèces menacées, qui ne bénéficient peut-être pas du même intérêt que les grands singes, les plus proches génétiquement de l’Homme. Pourtant, leur nombre diminue dangereusement. On ne compte ainsi plus que 2 000 à 3 000 rhinopithèques de Biet à l’heure actuelle.

Un mâle dominant rhinopithèque de Biet. Ses lèvres roses hypertrophiées le distinguent des autres rhinopithèques, et indiquent ici sa dominance sur le groupe.

© Philippe Ricordel

À travers ses photos, il veut sensibiliser le grand public. “Je tire la sonnette d’alarme. Ces singes, on n’en parle pas et pourtant ils sont extrêmement menacés”, indique-t-il. “Plus on pourra en parler, plus on pourra essayer de faire quelque chose. Il y a des actes de conservation forts à faire. Mais ils sont en contradiction avec le développement économique de la Chine”, affirme le photographe. 

“La zone d’habitat des Roxellane est vaste, mais il y a des autoroutes, des routes secondaires, des lignes de train à grande vitesse. Donc ils vont pouvoir survivre uniquement dans les hautes montagnes. C’est un singe qui supporte mal la neige. Il faut qu’il puisse descendre dans les vallées basses. C’est là où ça coince”, décrit-il.

C’est la première fois que Philippe Ricordel expose à Montier-en-Der. Une belle reconnaissance pour lui, qui connaît la renommée du festival pour l’avoir fréquenté en tant que visiteur depuis une quinzaine d’années. “Je pense que le festival est dans le Top 3 au niveau européen. Donc c’est extrêmement important de pouvoir y montrer son travail”.

Le festival est aussi l’occasion de multiplier les échanges. “Les réseaux sociaux permettent aujourd’hui de partager beaucoup de travaux, mais c’est autre chose de voir les auteurs en vrai, indique Philippe Ricordel. C’est un lieu d’échange à la fois avec le grand public, qui est toujours très curieux, mais aussi avec les professionnels.”

Le pelage de ce jeune rhinopithèque de Biet n’a pas encore pris sa couleur définitive, alors qu’il est en train de se nourrir de sa principale source de nourriture, le lichen.

© Philippe Ricordel

Ces derniers temps, le photographe n’a pas pu voyager aussi loin qu’il en a l’habitude, en raison des contraintes sanitaires. Mais il a déjà pu par le passé se rendre sur tous les continents.

Dans ses projets à venir, il y a peut-être l’Asie centrale ou le Moyen-Orient. “Il y a toute une zone où je n’ai pas trop mis les pieds qui comporte des choses très intéressantes. Par exemple au Kazakhstan ou en Iran”. Peut-être l’occasion de revenir ensuite présenter le fruit de son travail à Montier-en-Der.

La 24e édition du festival international de photographie animalière et de nature de Montier-en-Der a lieu du 18 au 21 novembre 2021. Toutes les informations pratiques sont disponibles sur le site de l’événement.

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