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dimanche, juin 26, 2022

Disparition du chef d’entreprise Henri Bonheur à l’âge de 96 ans

Arrivé à Cayenne en 1960, Henri Bonheur a créé le premier grand garage de carrosserie de Guyane. Il a formé de nombreux guyanais au métier de carrossier-tôlier. Il s’est également impliqué dans le milieu sportif en étant membre fondateur d’un club de judo. Il s’est éteint le 7 février à son domicile à l’âge de 96 ans entouré de sa famille.

Certains cayennais se souviendront de son garage situé à l’angle des rues Samuel Lubin et Vermont Polycarpe. Henri Bonheur, disparu le 7 février, excellait à rénover les voitures et s’était fait une réputation dans toute la Guyane.

Venu en Guyane en 1960 en vacance et déjà propriétaire d’un garage à Terre Saint-Ville dans la banlieue de Fort-de-France en Martinique, Henri Bonheur décide de revenir s’installer avec son épouse et ses enfants pour exercer sa profession de garagiste tôlier à Cayenne.

Il est aidé dans ce projet par un chef d’entreprise de la place, Maurice Ng Kong Tia. A cette époque, les vélos et les mobylettes étaient plus nombreux que les voitures.

A la retraite depuis plus de 25 ans, père de 6 enfants, Henri Bonheur faisait partie d’une génération d’entrepreneurs qui a impulsé une dynamique économique en Guyane. Dans son garage, ont été formés des carrossiers qui ont aujourd’hui pignon sur rue. Le chef d’entreprise Alex Cartesse, se souvient avec émotion de celui qu’il considère comme son « deuxième papa » :

« Quand je suis arrivé en Guyane en 1978, j’étais militaire et déjà tôlier. J’ai fait la connaissance d’Henri Bonheur qui avait le plus gros garage et magasin de pièces détachées. Il m’a testé et m’a dit à la fin : tu restes ici définitivement… Mr Bonheur m’a beaucoup aidé. J’ai vécu plusieurs mois chez lui, comme si j’étais le garçon manqué de la famille. C’était un papa, strict avec beaucoup de rigueur dans le travail. Je suis resté plusieurs années avec lui avant de m’établir à mon compte en 1986. Il a continué de venir me voir et je m’occupais de sa voiture et cela jusqu’au bout… ».

D’autres carrossiers de la place se sont formés dans le garage Bonheur. Une entreprise qui a prospéré et s’est diversifiée avec l’aide aussi de l’épouse Marie-Thérèse qui s’est occupée du magasin de vente de pièces détachées et de peinture.

Sa fille ainée Patricia se souvient qu’il a ouvert le premier club de Judo en Guyane, le Judo club de Guyane, créé avec feu Paul Jean-Louis (ancien conseiller général et fonctionnaire de l’éducation nationale). Une discipline qu’Henri Bonheur pratiquait avec un certain talent et qui lui a valu la reconnaissance de la fédération française de judo en 1971.

Mais il s’intéressait aussi à d’autres sports et avec son statut de patron avait donc institué la course de demi-fond « Le trophée Henri Bonheur ».
Jean Xavier, ancien coureur du Club Colonial, s’en souvient :

« La course qui se déroulait entre juin et juillet démarrait devant chez lui, faisait le tour de Suzini, passait par Montabo et se terminait devant le garage. Une course d’une dizaine de km environ. Tous les clubs y participaient en individuel et en challenge par équipes. Il y avait une grosse concurrence entre l’Olympique, le Sport guyanais et le Club colonial. Cette compétition était très bien dotée car de nombreuses entreprises étaient associées. ».

Cette course populaire créée en dans les années 70 a perduré jusqu’en 1995 précise l’ancien athlète.  

Henri Bonheur sera inhumé ce samedi 12 février au cimetière de Cabassou à Cayenne.    

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