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mercredi, juin 29, 2022

Les cauchemars de Freddy | Seriefonia

Un petit moment agréable pour la St Valentin avec plus piquant des Valentin. His name is Freddy !

[« SérieFonia : Season IV : Opening Credits » – Jérôme Marie]

[« EXTRAIT AUDIO »]

[« A Nightmare on Elm Street – Main Title » – Charles Bernstein]

Très belle semaine de Saint Valentin à toutes et tous ! Et quoi de plus savoureux pour célébrer l’amour que de le faire en compagnie du plus truculant des tous les bourreaux des cœurs… Enfin, la plupart du temps, bourreau tout court… Du plus chaud-bouillant de tous les croquemitaines ayant jamais hanté vos rêves les plus fous… Et souvent, même, les plus inavouables… J’ai, bien sûr, nommé le seul, l’unique, Fred Krueger… Freddy pour les intimes. Révélé en 1984 sous les traits un chouia cramé du comédien Robert Englund dans le film de Wes Craven, A Nightmare on Elm Street (Les griffes de la nuit), brillamment mis en musique par Charles Bernstein… comme le prouve cet extrait tiré de l’inoubliable, que dis-je de l’iconique, scène de la baignoire…

[« A Nightmare on Elm Street – Terror in the Tub » – Charles Bernstein]

Si ça c’est pas d’la signature ?! Sinon, non, Charles n’est absolument pas de la même famille qu’Elmer… Bernstein. Mais les deux hommes se connaissaient et s’appréciaient. Juste avant de devenir le premier compositeur à prêter ses couleurs au tueur d’Elm Street, il avait composé les partitions de L’Emprise pour Sidney J. Furie en 1982 et surtout de Cujo, d’après le roman de Stephen King, en 1983. Les griffes de la nuit est un projet de longue haleine pour Wes Craven… Inspiré, en parties seulement naturellement, par ses propres souvenirs d’enfance d’une part, et par des articles de presse évoquant une étrange épidémie appelée l’Asian Death Syndrome qui frappa de nombreux réfugiés venus du Laos, du Cambodge et du Viet Nam durant les années 70, d’autre part, le film est tout d’abord refusé par un grand nombre de studios tels que Paramount et Universal… Qui, depuis, s’en mange peut-être encore les droits… heu… les doigts. C’est, finalement, les indépendants de chez New Line qui s’y collent, en partenariat avec d’autres partenaires financiers, et qui… dès l’année suivante, récidivent avec La revanche de Freddy, cette fois dirigé par le réalisateur de Hidden, Jack Sholder, et composé par Christopher Young, dont on retrouve avec bonheur toute l’étendue de sa palette…  

[« A Nightmare on Elm Street 2, Freddy’s Revenge – Kill for Me » – Christopher Young]

Pour faire simple : Freddy Krueger est un ancien tueur d’enfants, lui-même ensuite assassiné par les parents de ces derniers, et depuis capable de venir hanter les rêves… enfin, les cauchemars, de ses nouvelles victimes en les exterminant les uns après les autres au sein même de leur sommeil… Le plus souvent à l’aide de son gant à quatre lames : véritable objet de culte pour tous les passionnés de cinéma d’horreur. Alors, certes, le second film est loin d’être le meilleur… d’autant que Wes Craven s’en est vu totalement écarté… et cette idée de faire apparaître Freddy dans le monde réel s’avère tout sauf pertinente… Toutefois, la musique et quelques belles séquences suffisent à se faire plaisir. Suffisamment en tout cas pour avoir envie de voir le 3… Dream Warriors… shooté par Chuck Russell en 1987.. sur une musique de… si, si, si… Angelo Badalamenti… 

[« A Nightmare on Elm Street 3, Dream Warriors – The Embrace » – Angelo Badalamenti]

Parce que l’une des particularités de la franchise… 7 films, un remake, une série et un crossover… c’est de n’avoir jamais eu recours au même compositeur. Et même si le thème principal de Charles Bernstein revient, parfois de-ci, de-là, chaque nouveau venu s’est accaparé le personnage selon ses propres codes et envies du moment. Car Nightmare on Elm Street, comme la plupart des sagas horrifiques, est toujours à bien remettre dans son époque et son contexte. Et, sur toutes les années 80 jusqu’au début des années 90, la tendance est au fun et à la surenchère. Mais, pour le coup, c’est exactement ce qui va servir l’immense popularité du personnage, que même les plus jeunes adorent. Si le premier film était réellement terrifiant, les moments d’humour décalés, et souvent sordides, ont rapidement pris le dessus par la suite… Même si, pour le 3, Wes Craven est tout de même un peu revenu au scénario… Qui était hyper cool avec cette sensation de huit-clos en hôpital psychiatrique, jumelé à une petite dimension mystico-bad-ass, avec Patricia Arquette et « Larry » Fishburne en plus. Et puis, je me suis jamais remis de ce… « This is it Jennifer ! Your big break on tv !! Welcome to prime time bitch ! »… Un opus à part… dont A Nightmare on Elm Street 4 : The Dream Master est forcément la suite directe…   

[« A Nightmare on Elm Street 4, The Dream Master – Corpus Krueger » – Craig Safan]

Toujours pas de Wes Craven… Mais Renny Harlin à la place. C’est cool, quand même. Quoi ? Qu’est-ce qu’y a ? Vous pouvez dire tout ce que vous voulez mais Die Hard 2, Cliffhanger et L’île aux pirates, ça reste du lourd. En dépit d’un changement de casting important, Freddy 4 séduit principalement par la qualité de ses effets spéciaux et la richesse de ses scènes d’action… Et, comme vous venez de vous en rendre compte, d’une tentative de « rédemption » du personnage par le biais musical signée du compositeur de The Last Starfighter et… Cheers : Craig Safan. Après quoi… la saga Krueger continue de se décliner… à la télé.

[« Freddy’s Nightmares – Theme Song » – Daniel Caine]

2 saisons… 44 épisodes diffusés en syndication entre 1988 et 1990. Une série d’anthologie avec simplement des séquences d’introductions mettant en vedette Robert Englung, toujours en costume et visage carbonisé, nous racontant une nouvelle petite histoire d’horreur chaque semaine à la façon des Contes de la crypte. Le pilote, réalisé par Tobe Hooper, était toutefois très intéressant et présentait l’entièreté des procès, le pénal et le… populaire, de Fred Krueger jusqu’à sa chute. Beaucoup de compositeurs différents sont intervenus au fil des mois… De Steve Rucker à Gary S. Scott, en passant par Randy Tico et Peter Bernstein… Oui, encore un. A noter que la série est à ne surtout pas confondre avec la trompeuse… Nightmare Cafe… qui n’a absolument rien à voir avec Freddy… même s’il y a Nightmare dans le titre… Robert Englund en acteur/narrateur et… qu’elle a été créée par Wes Craven ! Impossible, donc, de ne pas la citer… d’autant que la musique de J. Peter Robinson, qui fera plus tard celle de Freddy 7, est plutôt sympathique…

[« Nightmare Cafe – Theme » – J. Peter Robinson]

On en arrive à présent au pourquoi je vous ai pondu ce SérieFonia horrifique en pleine Saint-Valentin… La semaine dernière, mon pote Antoine, compositeur-leader du groupe Elvin Road que je vous invite chaudement à découvrir, m’a envoyé un des mega mix dont il a le secret… et dedans… il y avait un extrait de Pacte avec un tueur par le compositeur Jay Ferguson. Ca m’a fait tellement plaisir de réentendre ça que j’ai eu envie de me replonger dans sa disco-filmographie ; à commencer par A Nightmare on Elm Street 5, The Dream Child… à la fois fun et ultra-maîtrisé.

[« A Nightmare on Elm Street 5, The Dream Child – Super Freddy » – Jay Ferguson]

Il a notamment travaillé sur Les contes de la crypte, justement, mais aussi sur plusieurs Tremors et surtout Panics (ou Bad Dreams en VO)… C’est lui encore qui œuvre sur les épisodes de NCIS, Los Angeles depuis le départ de James S. Levine. Pour beaucoup, vous me direz que c’est extrêmement daté et kitsh… Mais je vous répondrais que cette excellente utilisation des voix synthétiques et d’une vraie approche mélodique suffisent à m’embarquer… Du coup, allez hop, deuxième extrait…

[« A Nightmare on Elm Street 5, The Dream Child – Like Father, Like Son » – Jay Ferguson]

En 1991, Freddy est sensé mourir… Je veux dire vraiment mourir. Même le titre se veut clairement  définitif. Freddy’s Dead, The Final Nightmare est réalisé (dont toute la fin en 3D) par une femme ! Rachel Talalay, qui avait déjà produit le quatrième opus. Un « ultime » tour de piste plutôt spectaculaire mais qui peine à séduire autant la critique que le public… faisant que, effectivement, la saga de Freddy s’arrête bel et bien là. Enfin presque… sur une musique du compositeur de Mad Max, Brian May… Non, pas celui de Queen, je vous dis… Celui de Mad Max. C’est pas le même et c’est un australien.

[« Freddy’s Dead, The Final Nightmare – Freddy 101 » – Brian May]

Haineux envers toutes ces suites, Wes Craven décide de revenir à la barre en 1994 et fait du… Scream avant Scream. Les acteurs du premier film reviennent à la fois dans leur propres rôles et dans celui de leurs personnages… pour une aventure 100% méta où le tournage d’un film sur Freddy ressuscite Freddy… C’est lui sans être lui… Même les looks et maquillages de Robert Englund sont différents… Et d’ailleurs, ça marche sans véritablement marcher… Exception faite, peut-être, du score de J. Peter Robinson, que j’évoquais justement un peu plus tôt.

[« Wes Craven’s New Nightmare – Wes Craven’s Nightmare » – J. Peter Robinson]

Il faut ensuite attendre presque 10 ans pour qu’il se passe de nouveau quelque chose… Mais, franchement, ça valait le coup d’attendre. Rien que pour entendre ces deux thèmes là se répondre l’un à l’autre…

[« Freddy vs Jason – Nightmare Theme, Boiler Room » – Graeme Revell]

Le Main Title de Freddy par Charles Bernstein, confronté à celui – tout aussi mythique – d’Harry Manfredini pour Jason et la saga des Vendredi 13… et revisité par nul autre que Graeme Revell… Vous pouvez faire autant la fine bouche que vous voulez… Mais ce Freddy vs. Jason est aussi méchant qu’orgasmique ! L’intrigue est suffisamment maline pour permettre aux deux monstres sacrés de co-exister de nouveau à l’écran… Et quand ça dépote, ça dépote !

[« Freddy vs Jason – Freddy Dies, Finale » – Graeme Revell]

Perso, je me suis régalé… Infiniment plus, en tout cas, que devant le remake cramoisi de Samuel Bayer en 2010. Ok, je sais, tout film ou toute série intégrant Connie Britton au casting ne peut pas être totalement nul… Mais il n’empêche que Freddy à la sauce trop sérieuse, et avec un autre acteur qu’Englund sous le masque (Jackie Earle Haley, en l’occurrence), aussi bon soit-il d’ailleurs, bah… ça l’fait tout simplement pas. D’ailleurs, à la musique, Steve Jablonsky donne dans le symphonique efficace… joli même parfois… Mais, au final, fort peu adapté à cet univers tel qu’on se le représente depuis 1984…

[« A Nightmare on Elm Street, 2010 – A Man Named Fred Krueger » – Steve Jablonsky]

En parlant d’acteurs, saviez-vous que Robert Englund n’aurait pas dû devenir le croquemitaine qui l’a rendu célèbre ? Eh non, aux origines des origines, le rôle avait été attribué à l’excellent David Warner… Vous voyez ? Ed Dillinger dans Tron… Jack l’éventreur dans C’était demain… Le majordome Spicer Lovejoy dans Titanic… ou encore Lord Downey dans Les contes du disque-monde… Mais un problème d’emploi du temps est venu contrecarrer ce plan… Même si Robert Englund reste maintenant indélébile au personnage, je suis certain qu’il aurait été excellent. Différent, à n’en pas douter. Mais excellent. Quant à Englund, je ne sais pas si on le reverra un jour en Freddy ou non… Mais on continue désespérément d’attendre un Freddy vs Jason vs Ash ! Quand vous voulez les gars ! Sur ces bonnes paroles emplies d’espoir… je vous dis à la semaine prochaine et d’ici là, n’oubliez pas…  

[« One, Two… Freddy’s Coming for You »]

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