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lundi, septembre 26, 2022

Séries Mania. Un jour, une série. Interview de Fanny Sidney, réalisatrice de Jeune et Golri

Chaque jour, une série présentée au festival Séries Mania. Aujourd’hui, Jeune et Golri, une série humoristique réalisée par Fanny Sidney, connue pour son rôle d’actrice dans la série française Dix pour cent. Sa nouvelle création parle de l’injonction à la maternité dans un univers pop et coloré.

Jeune et Golri, c’est l’histoire de Prune, une comédienne de stand-up de 25 ans, jouée par Agnès Hurstel, qui rencontre un homme beaucoup plus vieux qu’elle (Jonathan Lambert), 47 ans. Celui-ci lui cache qu’il a un enfant, Alma, 6 ans et sa nouvelle copine va le découvrir d’une manière bien particulière… Alma va ensuite mener une vie d’enfer à sa nouvelle belle-mère pas du tout prête à endosser ce rôle. La série propose donc de suivre les péripéties et la relation de ce duo déséquilibré. Elles sont accompagnées par plusieurs personnages secondaires joués notamment par Paul Mirabel, Marie Papillon et Lison Daniel. 

La réalisatrice Fanny Sidney revient avec nous sur Jeune et Golri, écrite par Agnès Hurstel. 

Vous êtes identifiée comme actrice, notamment pour votre rôle de Camille dans Dix pour cent. Comment en êtes-vous arrivée à réaliser cette série ?

Fanny Sidney : « Agnès Hurstel (qui a écrit Jeune et Golri, ndlr) a vu les films que j’avais réalisés à la Femis, qui parlaient de l’injonction à la maternité bienveillante dans un univers pop. Elle a suggéré mon nom au producteur et nous avons réalisé que nous avions les mêmes aspirations. Agnès Hurstel avait déjà écrit des épisodes de la série Loulou que j’avais réalisée. Ca arrive très souvent dans le monde de la série que celui qui écrive ne soit pas le réalisateur. Moins dans le cinéma français où il y a une tradition de l’auteur-réalisatrice.

Quels sont les thèmes développés dans la série ? 

F.S. : Il y a plusieurs thèmes saillants : le premier, c’est celui d’aimer hors des sentiers battus. Dans le cadre de la série (qui raconte une histoire d’amour entre une jeune femme de 25 ans et un homme de 47, ndlr), cela se traduit par : est-ce qu’on est une bonne féministe quand on aime un homme qui a 20 ans de plus que soi ? Mais le but n’est pas de quitter un corset pour un autre. Il faut que chacun soit libre d’aimer qui il veut. La série questionne aussi l’injection à la maternité bienheureuse, qui est un levier de comédie dément, par le biais de la maternité par procuration du personnage de Prune. 

Les séries peuvent-elles servir à renouveler le regard sur les femmes et les personnages féminins ?

F.S. : C’est dans l’air du temps que les femmes s’emparent des récits, et mettent en scène des personnages de femmes que l’on n’a pas l’habitude de voir. Exemple, la palme d’or, Titane, réalisée par Julia Ducournau. C’est dans les séries que j’ai vu les personnages de femmes qui m’ont le plus fasciné. Une actrice et réalisatrice comme Phoebe Waller-Bridge est pour moi modélisante a ouvert des chemins qui étaient sous les ronces. Je découvre aussi depuis peu, grâce à ses femmes, que je n’avais pas conscience que ces chemins n’existaient pas totalement. En 70 ans de festival de Cannes, il n’y a pas eu une femme qui avait eu une palme d’or seule. 

Agnès Hurstel (à gauche), alias Prune dans la série avec Marie Papillon qui incarne Adelaide.

© Série Mania

Quelle est l’identité visuelle de la série ?

F.S. : Nous avons travaillé avec Agnès Hurstel à construire un objet pop. Nous ne voulions pas de quelque chose d’austère, alors que le monde du stand-up peut l’être, notamment au début de carrière quand les artistes veulent être connus : ils jouent dans des caves qui sentent mauvais et devant peu de personnes. Nous voulions quelque chose de chaleureux.

Seria Mania Institute, une école dédiée à la création de séries va ouvrir à Lille. Pensez-vous que cela peut aider les jeunes qui souhaitent se lancer ?

F.S. : C’est génial. A la Fémis (une prestigieuse école de l’image et du son à Paris, ndlr) il y a une spécialisation pour la création de séries et les scénaristes qui y sont surpuissants : ils n’ont plus peur de la dramaturgie, d’aller dans le climax et dans la technique. En France, nous avons tendance à dire aux auteurs : « une histoire va surgir en toi, ça va être super et très beau ». Cela existe effectivement mais beaucoup ont besoin d’un cadre. Tout le monde n’arrive pas à comprendre la mécanique de la fiction juste en regardant des séries. Rares sont ceux qui l’ont spontanément. Cette mécanique, il faut l’apprendre. »

La bande annonce de Jeune et Golri est à retrouver ici. 

Jeune et Golri sera diffusé sur OCS Max dès le jeudi 2 septembre .

Toute la programmation des séries diffusées au festival est à retrouver ici ou sur la plateforme en ligne du festival, Séries Mania Digital.