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mardi, juin 28, 2022

libérée, la ville de Stoyanka tente de retrouver un quotidien

Nicolas Tonev (envoyé spécial à Kiev), édité par Wassila Belhacine
12h20, le 01 avril 2022, modifié à
13h52, le 01 avril 2022

REPORTAGE

Après 72 heures de combats acharnés, les forces ukrainiennes ont réussi à repousser de quelques kilomètres les troupes russes des positions qu’elles occupaient sur l’ouest et le nord-ouest de Kiev. La petite ville de Stoyanka, située sur un carrefour stratégique de route allant vers l’ouest et le nord, fait partie de ces localités qui ont vécu le jeudi 31 mars leur premier jour sans bombardements et sans échanges de tir depuis quasiment le début de l’offensive russe. Civil ou militaire, chacun se recrée alors en quelques heures un semblant de normalité et se trouve des raisons de se réjouir ou des tâches à accomplir.

« Les roquettes et les missiles volaient de tous les côtés » 

« Pendant 26 jours, les roquettes et les missiles volaient de tous les côtés », explique un habitant de la ville au micro d’Europe 1. C’est enfin du passé pour Stoyanka qui connaît son premier jour sans bombardements. La vie recommence à sa façon dans ce genre de situation. Les bouteilles s’entrechoquent, mais ce n’est pas encore l’apéro. 

« Le magasin a été bombardé il y a deux semaines. On vient sauver des voleurs ce qui peut l’être », détaille un autre homme. Mais la guerre n’empêche pas les goûts de rester. « On préfère les vins rouges secs de l’ancien monde, moins les rosés. Et sur les alcools forts, c’est parti entièrement », détaille un commerçant. Malgré la catastrophe, il sourit.

« Il y a beaucoup de cadavres »

Pour ce premier jour sans bombardement, une musique s’élève à l’arrière d’un supermarché en partie détruit. Deux hommes de la défense territoriale sont enfin au repos. « Il faut écouter, se détendre, se changer les idées pour reposer son esprit guerrier. La guerre crée plusieurs choses : la destruction, la séparation, la mort et aussi l’union des gens. Trois inconvénients pour un avantage : l’union des gens. Maintenant, tout le monde est uni et tout le monde s’aide », détaille l’un d’entre eux.

Mais les corps abandonnés non loin de là sont toujours présents. Ils sont facteurs de discorde entre civils et militaires. « Il y a beaucoup de cadavres. Je ne suis pas un militaire, je suis juste un homme. Et si je peux aller là-bas, on peut aller les chercher », déclare un homme.

« Pour que tu comprennes à l’hôpital numéro 9, à la morgue, c’est une table dans les sous-sols qui reprendra les corps. C’est ça, la morgue. Il n’y a même pas de frigos », rétorque un autre. Même dans un calme retrouvé, la guerre reste impitoyable.

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