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mercredi, juin 29, 2022

à Borodianka, la difficulté d’extraire les cadavres

William Molinié (à Borodyanka), édité par Gauthier Delomez
09h00, le 09 avril 2022

REPORTAGE

Après Boutcha, le massacre de Borodianka choque lui aussi le monde, et il est peut-être même pire à en croire le président Volodymyr Zelensky et la procureure générale. L’envoyé spécial d’Europe 1, William Molinié, s’est rendu dans cette ville à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale de l’Ukraine, Kiev. Les pompiers tentent encore, dix jours après le retrait des Russes, d’extraire les cadavres des débris.

 

La difficulté d’extraire les corps

Dans un immeuble coupé en deux par une frappe aérienne, à chaque gravât enlevé, il y a l’épouvante de tomber sur un reste humain. Un corps se trouve d’ailleurs dans l’édifice éventré. Il est là depuis plusieurs jours, mais il est impossible de l’extraire comme l’explique Igor, le chef adjoint des pompiers.

« La particularité de cet immeuble, c’est comme un château de cartes. Lorsque l’on enlève les décombres, ça peut entraîner la destruction de tout l’immeuble », souligne-t-il au micro de notre envoyé spécial. Le chef adjoint des pompiers poursuit : « On prend des risques, c’est vrai, mais les gens méritent d’être enterrés avec les honneurs. »

Des tirs à l’aveugle durant l’occupation russe

Les habitants de Borodianka ont d’abord été visés par des frappes aériennes. Ils sont descendus dans les caves, mais ils n’ont pas pu en sortir pendant 38 jours. Les blindés russes se sont quotidiennement succédé dans cette ville qui se trouve sur la route vers Kiev. Comme le raconte le maire, il y a eu, à chaque passage, des tirs à l’aveugle.

« Borodianka a été énormément bombardée. Quand les colonnes de char passaient par la ville, les soldats positionnés au-dessus tiraient à gauche et à droite sur tout ce qui bougeait », indique-t-il au micro de William Molinié, et il enchaîne sur la découverte des cadavres : « On ressort tous les jours des corps. Hier (jeudi), on en a trouvé huit, avant-hier (mercredi) 16, et il y en a encore dans les décombres. »

 

Il n’y a plus que quelques centaines d’habitants dans la ville

Sur place, on entend la colère des habitants contre cette guerre qui a fait irruption dans leur quotidien. L’envoyé spécial a rencontré la fille d’Antonina, dont le magasin a été pulvérisé par un obus. Cela fait une semaine qu’elle vient récupérer tout ce qui peut l’être. « Qu’est-ce qu’on a bien pu faire aux Russes pour qu’ils aient fait tout ça ici ? », s’interroge-t-elle. « Il n’y a jamais eu de base militaire à Borodianka. Il n’y a rien du tout, alors pourquoi ont-ils fait autant de dégâts ? Dieu les jugera », affirme Antonina.

Avant la guerre, la ville comptait 13.000 habitants. Il en reste désormais quelques centaines à peine. Certains ont bien évidemment réussi à fuir, mais tous les jours, des corps sont retirés des débris. Les morgues de la région sont pleines, si bien que les cadavres doivent être évacués à une centaine de kilomètres.

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