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mercredi, juin 29, 2022

en Martinique plus de 50% des votants ont ch

Le 1er tour de l’élection présidentielle en Martinique a été marqué par plus de 57% d’abstention, mais avec une progression de 2,78% par rapport au scrutin de 2017. Sur les 122 949 suffrages exprimés, 53% de ces bulletins ont placé en tête le candidat de l’extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, devant Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Valérie Pécresse.

Guy Etienne

Publié le 10 avril 2022 à 16h45,

mis à jour le 10 avril 2022 à 22h01

En 2017, le leader de La France Insoumise avait déjà enregistré en Martinique le meilleur score avec 27% des suffrages. Il était devant Emmanuel Macron à 26%, soit un peu plus de 2000 voix d’avance. François Fillon était 3e avec 17%, suivi de Marine Le Pen à 11%.  

Résultats du 1er tour de la présidentielle de 2017 en Martinique, avec les 4 candidats arrivés en tête des suffrages, dont Jean-Luc Mélanchon qui a réalisé le meilleur score.

©Politic Data

Cinq ans après, le candidat de l’extrême gauche âgé de 70 ans, multiplie par deux son score dans l’île, avec 53,10% des bulletins et l’emporte dans toutes les communes de Martinique. Loin derrière, le Président sortant Emmanuel Macron qualifié pour le second tour, réalise 16,30%, devant Marine Le Pen de l’extrême droite.

Cette dernière, elle aussi qualifiée pour le second tour, a progressé d’un peu plus de 2 points, en engrangeant 13,42% des suffrages. Les 9 autres candidats sont en-dessous de la barre des 5%, dont Valérie Pécresse avec 3,85%, Anne Hidalgo est à 3,20% et Eric Zemmour enregistre 2,56% des voix.    

Jean-Luc Mélenchon est également arrivé en tête dans les urnes de la Guadeloupe continentale, avec 56,16% de vote favorable. Mais plus de 55% de l’électorat de l’archipel s’est abstenu. LFI est devant Marine Le Pen qui totalise près de 18% et Emmanuel Macron est à 13,43%.  

En Guyane, où l’abstention avoisine 64%, le candidat Mélenchon a aussi été le favori des électeurs pour ce 1er tour avec 50,59%, devant Marine Le Pen qui affiche 17,66% et Emmanuel Macron, avec 3 points de moins derrière le Rassemblement National, à 14,22%.  

Le quinquennat qui s’achève a été marqué par des crises successives. Celle des gilets jaunes, la pandémie de Covid, la flambée des prix de l’énergie et la chute du pouvoir d’achat, ou encore les conséquences de la guerre aux portes de l’Europe, en Ukraine. En outre, il y a la défiance et le désenchantement manifestés par une partie de l’opinion, en particulier vis-à-vis des politiciens issus des partis traditionnels. 

La Droite et la Gauche en l’occurrence, qui ont alternativement partagé le pouvoir sous la 5e République depuis 1958, ont vu leur électorat respectif s’éroder au fil du temps, au profit de l’extrême droite et de l’extrême gauche, jusqu’au coup de grâce asséné en 2017 par Emmanuel Macron qui a créé la surprise, en surfant sur le concept « ni droite, ni gauche ».

Cette année, les deux partis historiques sont encore plus en difficulté face aux extrêmes, singulièrement aux Antilles-Guyane, où le candidat Mélenchon a encore capitalisé, loin devant ses concurrents. Mais cela n’a pas suffi à l’ancien socialiste pour accéder au second tour, avec un peu plus de 21% de suffrages à l’échelle de toute la France.  

S’agissait-il d’un vote stratégique pour barrer la route à Emmanuel Macron en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique, où les électeurs votent majoritairement à gauche depuis plusieurs années ? Où est-ce le signal d’un mécontentement plus général contre les politiques engagées dans ces territoires ? À moins qu’une partie des inscrits de ces 3 territoires veuille carrément renverser la table pour essayer autre chose, d’autres visages, d’autres doctrines plus radicales prônées par les extrêmes ?

L’avenir le dira lors du second tour de cette élection présidentielle, qui sera une nouvelle fois anticipé le 23 avril 2022 avec les deux finalistes, Marine Le Pen du RN et Emmanuel Macron de LAREM (La République En Marche).

Marine Le Pen et Emmanuel Macron, les deux finalistes de la présidentielle de 2022

©France Info / Ludovic MARIN / POOL / AFP / Facebook Marine Le Pen

Reste à savoir si les électeurs seront plus enclins à se déplacer afin de choisir entre deux visions de la France, pour les 5 ans à venir.         

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