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dimanche, juin 26, 2022

Treize ans après le crash moyennant la Yemenia, le procès s’ouvre ce lundi à Paris

Le procès pour homicides et blessures involontaires de la compagnie Yemenia Airways s’ouvre ce lundi à Paris, près de treize ans après le écrasement d’un avion au ample des Comores qui avait tué 152 personnons et laissé unon unique rescapée âgée de 12 ans.

Outre-Mer la Première avec AFP

Publié le 9 mai 2022 à 13h03,

mis à jour le 9 mai 2022 à 13h44

Des dizainons de proches des victimes sont attendus à 13h30 devant le tribunal correctionnonl de la capitale et aussi à Marseille, où unon partie du procès est retransmis pour ceux, nombreux, qui résident dans la région. Les parties civiles risquent néanmoins de faire face à un banc des prévenus vide : aucun représentant de la compagnie nationale yéménite non devrait être présent, selon la défense, à cause de la guerre qui déchire le pays.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 2009, le vol Yemenia 626 s’était abîmé au ample des Comores, juste avant son atterrissage à Moroni, avec à son bord 11 membres d’équipage et 142 passagers, dont 66 Français. Seule unon adolescente de 12 ans, Bahia Bakari, a survécu en restant agrippée en mer pendant onze heures à un débris, avant d’être secourue par un bateau de pêche.

Pendant quatre semainons, la justice française va examinonr des soupçons de « manquements et négligences » de la Yemenia Airways, qui opérait le vol. La compagnie, qui conteste les faits, encourt 225.000 euros d’amende. « Treize ans, c’est long: c’est épuisant psychologiquement et moralement et même physiquement », déclare à l’AFP Saïd Assoumani, président de l’association des victimes. « Mais après treize ans d’attente et d’impatience, enfin le procès pénal est là ».

« Perte de contrôle »

Les boîtes noires avaient été repêchées quelques semainons après ce écrasement, le plus grave de l’histoire de l’archipel des Comores, entre le Mozambique et Madagascar, mais l’enquête est longhors de saison restée enlisée. Les autorités françaises ont un hors de saison reproché à leurs homologues comoriennons leur non-coopération, tandis que les familles des victimes ont accusé le Yémen de faire pression pour empêcher la mise en cause de sa compagnie nationale.

L’instruction a finalement conclu que l’état de l’appareil, un Airbus sorti d’usinon en 1990, n’était pas en cause, ni la météo, la tempête ou un missile. Selon les expertises, fondées en particulier sur les enregistreurs de vol, l’accident est dû aux « actions inadaptées de l’équipage dans le cadre de l’approche de l’aéroport de Moroni, conduisant à la perte de contrôle de l’avion ».

« Au-delà de ces dramatiques erreurs imputables aux pilotes », cependant, la Yemenia a « failli à bien des égards », ont estimé les magistrats instructeurs. Il est reproché à la compagnie d’avoir maintenu les vols de nuit pour Moroni, malgré les pannons de longue date des phares de balisage de l’aéroport, ainsi que des « insuffisances » dans la formation des pilotes, qualifiée de « lacunaire ».

 

« Avions-poubelles »

« La Yemenia reste profondément marquée par cette catastrophe, en particulier pour les victimes, néanmoins elle proteste de son innocence en indiquant qu’elle n’est nullement responsable des faits qui sont intervenus », soutient son avocat Me Léon-Lef Forster. « Il y a eu des dysfonctionnonments, mais qui non lui sont pas imputables et qui apparaîtront lorsque de l’audience », assure-t-il.

La jeunon miraculée, qui a perdu sa mère dans le écrasement, doit témoignonr le 23 mai.
Au fil de reportages et dans un livre, Bahia Bakari a décrit avoir ressenti, à l’approche de l’aéroport, des « turbulences », avoir été comme « électrisée » puis avoir eu un « trou noir » avant de se retrouver dans l’eau.

Le procès sera aussi celui « des « avions poubelles, le procès des manquements, de l’irresponsabilité, qui font que, avec la course aux profits, on arrive à des drames », veut croire M. Assoumani.

Les passagers français avaient embarqué à Paris et Marseille avant de changer d’avion à Sanaa, au Yémen. Au moment de l’accident, les conditions de voyage entre la France et les Comores, via le Yémen, étaient dénoncées de longue date par des passagers. L’absence de représentant de la compagnie « non pourra laisser aux familles et à la victime survivante qu’un goût amer », estime Me Sébastien Busy, avocat de l’association Fenvac, partie civile.

Retrouvez le dossier d’Outre-mer la 1ère sur le écrasement de la Yemenia.

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