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jeudi, octobre 28, 2021

“comme à chaque fois que le temps a fait son œuvre on éprouve de la mélancolie”, Nicolas Mathieu

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L’écrivain Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018 avec “Leurs enfants après eux” revient sur une année de confinement et de couvre-feu. Une épidémie qui rythme nos vies à la radio, la télé, chez l’épicier du coin,”ce qui a beaucoup changé aussi, c’est une forme d’acclimatation à la chose”.

Il y a juste un an, le pays entamait un confinement inédit. A partir du 17 mars 2020, le site de France 3 Grand-Est proposait la réaction confinée d’une personnalité, “Le confinement vu par…”. A l’époque, Nicolas Mathieu nous racontait que “chaque matin, tu es pris dans la même angoisse”. Une année s’est écoulée. Le virus est toujours là. Les médecins aussi. Les chaînes d’infos. L’année dernière, à la même époque, un lundi matin au téléphone, il nous parlait de cette inquiétude qui peut l’envahir dans la journée : “je crains moins le virus que notre normalité.”

On a l’impression que cela pourrait durer toujours

Nicolas Mathieu

La région Grand Est était aux premières loges de la pandémie. Les hôpitaux surchargés. “Maintenant, on a cette impression que cela pourrait durer toujours. On ne peut pas se projeter dans le temps, pour les vacances, et ça rend quand même un peu fou”, dit Nicolas Mathieu lundi 15 mars 2021.

Quand il pensait au monde d’après, il semblait donc “très inquiet”. Aux premiers jours de janvier 2020, on parlait alors d’une maladie mystérieuse. Un ennemi invisible et la France rentre “en guerre”. Aujourd’hui, “ce qui me frappe, raconte l’écrivain, c’est qu’on s’est éloigné, de plus en plus, d’un retour à l’état initial. Il y aura donc un changement de vie, je ne sais pas si c’est bien ou mal. Ce qui a beaucoup changé aussi, c’est une forme d’acclimatation à la chose”. 

Citant Arthur Rimbaud, il estime que dans cette période “la seule chose insupportable, c’est que rien n’est supportable”, et parfois “c’est d’autant plus long qu’on n’a pas de perspectives de retour à la normale et parfois, ça rend le temps plus difficile à vivre”.

Comme à chaque fois que le temps a fait son œuvre, on éprouve une certaine mélancolie

Nicolas Mathieu

Originaire d’Epinal (Vosges), Nicolas Mathieu, 43 ans, a obtenu le prix Goncourt en 2018 pour son livre “Leurs enfants après eux” paru aux éditions Actes Sud. Un livre qui est une saga sociale. “Cette année d’épidémie nous a fait apparaître une chose nouvelle, une économie des efforts, des peines et des rétributions par rapport au travail. En effet, tu travailles et tu es récompensé, mais là il y a une certaine routine dans la crise qui s’est installée, avec le couvre-feu par exemple. Et donc moins de récompenses. C’est quand même un peu triste.”

En 2020, dans un texte passionnant, publié dans l’hebdomadaire Le Un consacré à l’hôpital, Nicolas Mathieu, avait dressé avec amertume le constat de la vie à l’hôpital. “Le Covid-19 n’a pas de fausse pudeur. En quelques semaines, il nous a mis à nu et nous nous découvrons subitement tels que nous sommes : interdépendants, profondément vulnérables, finalement mortels. En France, le virus met aussi à bas un certain aveuglement. Depuis des années, la solidarité était passée au second plan”, (extrait du texte publié par le Un).

La crise sanitaire mondiale met à mal la culture

C’est indéniable, cette année Coronavirus nous a tous changé. “Comme à chaque fois que le temps a fait son œuvre, on éprouve une certaine mélancolie”. Un peu ou beaucoup. Mais qu’est ce qui a changé de la manière la plus inquiétante ou regrettable ? “Il faut s’intéresser à la philosophie de l’échelle des valeurs. Le travail comme récompense, avant la culture et les loisirs. Ce qui est inquiétant, c’est d’avoir mis aussi bas la culture”. Il y a un an, Nicolas Mathieu terminait notre discussion en citant La Peste de Albert Camus, publié en 1947. “Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.” Là, il cite Churchill en avril 1938 à la Royal Academy : “Les arts sont essentiels à toute vie nationale complète. L’État se doit de les soutenir et de les encourager”.

 

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Nicolas Mathieu a publié au mois d’octobre “La grande école” (Acte sud), son premier album jeunesse. Avec le dessinateur Pierre-Henry Gomont pour les illustrations. 

 

Soignants, commerçants, employés de supermarché, artistes, élus ou encore parents : nous les avions rencontrés il y a un an. Aujourd’hui ils nous racontent leur année Covid. Pour les découvrir, cliquez sur un point, zoomez sur le territoire qui vous intéresse ou chercher la commune de votre choix avec la petite loupe. 

 

 

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